Précisions
Le texte que vous allez lire est le second chapitre d’une thèse de doctorat qui a été soutenue à l’Université McGill en novembre 2004. Son titre : Le moment réformiste. La pensée d’une élite canadienne-française au milieu du XIXe siècle. L’historiographie s’est beaucoup penchée sur la pensée des « rouges » et sur celle des « ultramontains » mais aucune étude ne s’est penchée de façon systématique sur la pensée de l’élite réformiste au pouvoir au milieu du XIXe siècle. Par « réformistes », j’entends les personnages suivants : Louis-Hippolyte LaFontaire, Augustin-Norbert Morin, Joseph-Édouard Cauchon, Étienne Parent, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, Antoine Gérin-Lajoie et quelques autres moins connus. Pour en arriver à comprendre leur pensée, j’ai analysé ce que l’on appelait au milieu du XIXe siècle la « presse ministérielle », les débats de l’Assemblée législative récemment reconstitués ainsi que tous les écrits publics des réformistes. L’objectif de ma thèse était double : d’une part comprendre les grandes lignes de la pensée réformiste et, d’autre part, situer cette pensée par rapport au « libéralisme ». Le présent chapitre porte sur le rapport des réformistes au politique. Chacun de mes cinq chapitres se penche sur un « concept ». Mes travaux sont très inspirés par la démarche de Pierre Rosenvallon : celle d’une « histoire conceptuelle du politique ».
Il ne combattait pas pour le plaisir
de combattre; toute opposition injuste, frivole,
le chagrinait, parce qu’elle était à ses
yeux une cause de faiblesse. Rien au contraire
ne lui donnait autant de satisfaction
que l’unanimité d’opinion sur une question
quelconque. L’union, l’union, disait-il sans
cesse, c’est elle qui fait la force des sociétés ...
Antoine Gérin-Lajoie, Jean Rivard
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