À propos de Monde CommunContacts

L’idée de ce numéro a pris naissance dans les débats qui furent au cœur de l’actualité des dernières années, qu’on pense aux discussions au Québec autour de la question des accommodements raisonnables ou encore aux débats français relatifs à la question du port des signes religieux dans l’espace public, débats qui ont abouti à la loi du 15 mars 2004 encadrant le port des signes religieux dans les écoles, collèges et lycées publics. Cette loi fait encore l’objet de remises en questions régulières par divers acteurs.

Ce sont des tensions analogues qui apparurent lors de vifs débats entourant une proposition qui suggérait de modifier la loi provinciale de l’Ontario sur l’arbitrage pour autoriser l’arbitrage religieux en vertu de la charia. On le voit, ces tensions entre l’universel et le particulier sont négociées de l’intérieur même des États, où l’on tente des aménagements de toutes sortes, à partir d’une réflexion sur plusieurs questions: qu’est-ce qui est et doit être partagé par tous? Comment nouer ensemble des normes de coexistence et des espaces de liberté collective (religieuse, ethnique, communautaire)? Quels droits accorder à des minorités culturelles historiquement discriminées sans rompre l’égalité des citoyens devant la loi? Etc.

Des tensions identiques sont à l’œuvre au niveau international. Elles sont ou ont été interrogées à l’occasion des interventions couvertes par l’ONU, par exemple au Rwanda, au Kosovo, et en Afghanistan, ainsi que des discussions sur le « droit d’ingérence » humanitaire (Somalie, Darfour). Elles émergent également dans les travaux de l’ONU, comme par exemple ceux qui ont mené à l’adoption en septembre 2007 de la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones. Chaque fois, on essaie de définir des catégories universelles ou des principes universels qui, tôt ou tard, sont confrontés à la diversité des contextes d’application et des réalités aux plans local, régional, national et transnational.

La polarité universalisme/relativisme, ses différentes facettes et les difficiles questions qu’elle soulève, sont au coeur du numéro que nous présentons ici.


Université d'Ottawa Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités